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J’ai commencé à tricoter bien avant de m’ouvrir au bouddhisme. En réalité, j’ai le sentiment que le tricot m’a permis de me préparer et de comprendre les concepts du bouddhisme que j’ai pu découvrir lors de mon voyage au japon et avec ma pratique du zen.

Le tricot est un art lent, tout comme le bouddhisme est une pratique lente qui se fait sur la durée. En bouddhisme, l’accent est mis sur les actes plutôt que l’illumination (le fameux Éveil) qui correspond à l’objectif ultime. En tricot, je préfère également me concentrer sur l’acte induit par l’activité manuelle plutôt que le projet final. L’objet tricoté fini est quelque chose qui peut nous apporter beaucoup de joie, mais lorsque mon attention est focalisée sur le processus de création plutôt que sur le pull ou l’écharpe, l’expérience est d’autant plus riche !

Je vais vous révéler quatre éléments communs que j’ai trouvé entre ma pratique du tricot et ma pratique bouddhique.

1. L’intention juste

Avec les aiguilles dans les mains, l’intention est pure à cet instant précis. C’est une pensée qui se veut être l’expression du cœur, de la compassion, de la bienveillance. Je vais utiliser ces outils pour créer quelque chose d’utile, que cela soit une layette, un bonnet, un pull, une couverture ou un jouet. Avec l’espace créé et l’intention établie, je reste ouverte à ce qui vient. Et ce qui vient change en permanence, tricoté maille après mailles, rang après rangs. Dans le dharma du tricot, il n’y a pas de passé, pas de présent, pas de futur, seulement des changements, des choses impermanentes.

2. La méditation juste 

Au bout d’un moment, les mailles semblent être tricoté aussi facilement que si l’on respirait. Le rythme est créé. L’aiguille qui s’insère dans une boucle, le fil passé par dessus puis au travers. Le tissu se crée au fil des mailles et des respirations. Parfois mon esprit est bouillonnant mais le plus souvent, il s’apaise. L’élément qui rend le tricot méditatif est le fait de revenir à une même action sans jamais tenir la promesse de l’objet fini. Avec un point simple comme le point mousse ou le jersey, mon esprit est plus enclin à s’apaiser. Les points de dentelles cependant, me demandent une attention plus élevée si je souhaite que le rendu soit harmonieux à la fin. Le bouddhisme et le tricot permettent de revenir à l’instant présent, de se détacher face au mental ou au pensées et de juste revenir à l’action que l’on exécute.

3. La conscience juste 

Quand mon esprit se calme et que mon attention se porte sur mes mains, mes aiguilles et ma laine, le monde s’ouvre. Le doux son des aiguilles, la sensation de laine, les couleurs, les textures, la lumière, parfois le chant d’un oiseau, une musique ou une conversation. Je me sens connectée à toutes les autres choses qui m’entourent. Il n’y a pas de réflexion sur le résultat. C’est le sentiment pur du coeur et cette attention juste sur le moment présent apporte un grande satisfaction car l’esprit perd son attachement et cesse son désir d’avoir. Il n’y a pas de moi, pas d’autre, il y a simplement un lieu de réunion ouvert où toutes les choses se rencontrent et interagissent les unes avec les autres.

4. La vue juste

Le tricot est rempli d’opportunités pour échouer, faire des erreurs, faire face à la déception. De la maille perdue, aux erreurs d’échantillons en passant par les motifs ratés, tricoter une activité lente et lorsque des erreurs arrivent, elles peuvent être lentes à réparer. Lorsque quelque chose ne va pas, il est temps de pratiquer le non-attachement et d’abandonner les attentes.

C’est à ce moment-là que le vœu de pratiquer avec bonne volonté est le plus important. Pourquoi tricoter quand il est plus facile et moins cher d’acheter ce qui est nécessaire? Je tricote parce que c’est une activité joyeuse et saine. Les erreurs sont l’occasion de se rappeler que le plus important est l’activité en elle-même et non l’objet fini !

En bouddhisme, on s’engage à cultiver la bienveillance et la compassion envers tous les êtres, quels qu’ils soient. Avec le tricot, je peux essayer d’apporter une présence joyeuse, d’apporter de la joie aux autres grâce aux choses que je fais. J’aime penser que c’est une bonne pratique pour le plus grand voeu de bienveillance et de compassion envers tous les êtres.

Si nous prêtons vraiment attention, nous pouvons voir que tout change dans le monde extérieur. Rapidement, comme une flamme de bougie ou lentement comme une montagne, même les choses les plus «solides» changent. Ils n’ont pas d’essence vraiment permanente.

Notre monde intérieur de pensées et de sentiments est dans le même état de changement constant. Plus nous réalisons à quel point tout est impermanent et dépendant de nombreuses conditions, plus nous pouvons conserver une perspective saine sur nos vies, nos relations, nos biens et nos valeurs, en nous concentrant sur ce qui compte vraiment.

Tout comme le bouddhisme, tricoter est un moyen de se connecter avec le monde, avec les communautés qui nous entourent, mais aussi avec nous-mêmes.

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