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Avant de commencer cet article, je vais faire un petit état de l’art de ce qu’est (pour moi) le féminisme. Le féminisme, à mes yeux, c’est l’engagement, le combat de tout un chacun pour que nous ayons tous les mêmes droits, les mêmes conditions que les individus masculins sans qu’il y ait la moindre suprématie d’un genre sur l’autre et de parvenir à une complémentarité. Les différences de salaires pour un même poste entre un homme et une femme, la difficulté que rencontrent certaines d’entre nous pour faire un « métier d’homme » (et je mets des gros guillemets à cet endroit), le harcèlement de rue/au travail que l’on rencontre (et par « harcèlement de rue », j’entends les phrases déplacées qu’un homme ne nous dirait jamais si l’on était l’un de ces pairs. Pour moi, un homme demandant l’heure, son chemin ou autre n’est pas du harcèlement)…tout cela est profondément injuste et inacceptable. Nous sommes au XXIe siècle et certaines phrases, réflexions que l’on peut entendre sont une véritable régression de la condition féminine.

A présent, je vais pouvoir vous dire en quoi être une tricoteuse, c’est promouvoir le féminisme. Accrochez vous à vos aiguilles !

Commençons par une définition :

Tricoteuse : (.. ) « Nom donné aux femmes du peuple qui, pendant la Révolution, assistaient en tricotant aux séances de la Convention, des assemblées populaires et du Tribunal révolutionnaire » – Dictionnaire Larousse

Oui, oui, vous avez bien lu… Le terme « tricoteuse » désignait les femmes du peuple qui assistaient au Séance de la Convention Nationale, des clubs populaires et du tribunal révolutionnaire, tout en tricotant. Ce terme est apparu aux alentours de 1795.

En effet, les premières années de la Révolution française ont vu naître un courant en faveur d’une amélioration de la condition féminine. Ce courant était principalement incarné par la très belle Marie Gouze, plus connue sous le nom d’Olympe de Gouges qui a rédigé en septembre 1792 la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Elle clamait la capacité des femmes à assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et demandait à ce qu’elles soient associées aux débats politiques et aux débats de société. L’année 1793 a marqué l’apparition de ces fameuses « tricoteuses » au sein des tribunes jacobines des Assemblées Révolutionnaires. Certaines se réunissaient au sein de clubs politiques comme celui des « Citoyennes Républicaines Révolutionnaires » créé en mai 1793 où elles appelaient à l’insurrection contre les Girondins, promouvaient le fait que la femme devaient avoir une place plus importante, s’attroupaient autour de la guillotine pour chaque mise à mort d’un ennemie de la Révolution. Cette dernière action a laissé la trace d’un mythe de femmes assoiffées de sang, véritables monstres de la société qui sortaient de la sphère privée et qui avaient une activité politique.

Ces tricoteuses marquaient donc un véritable tournant pour l’époque et l’on peut considérer que ces tricoteuses étaient le symbole d’un des premiers mouvements féministe de l’histoire.

Le féminisme et le tricot… Voilà deux sujets que je n’aurai jamais imaginé liés par l’histoire. Et quelle belle surprise ! La présence, la participation et l’implication féminines aux évènements révolutionnaires est indiscutable. De même, leur parole et leur influence sur l’expansion des idées révolutionnaires est irréfutable… Et pourtant, la suprématie masculine a repris le dessus dès 1793 avec la Terreur. Ce mouvement anti-féministe s’empare du mythe de ces femmes assoiffées de sang, les pose en instigatrices avec des idées en contradiction avec la Révolution. La femme est, de nouveau, mise de côté.  Le droit de vote lui est refusé et elle est rangée dans la catégorie des citoyens passifs.

En quoi tricoter c’est être féministe me direz-vous ?

Tricoter, c’est très certainement un moyen d’honorer la mémoire de toutes ces femmes qui ont essayé de se faire une place dans l’histoire et de faire avancer les idées révolutionnaires concernant la position des femmes au sein de la société. Même si l’importance de leur rôle a été oubliée, il me paraît important de rappeler ce fait d’histoire. Cela me confirme mon idée selon laquelle le tricot peut ne pas être qu’une simple activité. Le tricot peut être une activité engagée tant sur le plan écologique, éthique, politique, philosophique et social.

Pour conclure, en bonne tricoteuse, je vais bien resserrer les fils de mon propos afin de ne pas faire tomber la moindre maille. Les femmes ont, dans le passé, toujours été écartée de la société, du monde politique pour de mauvaises raisons. J’ai fait un crochet par l’histoire pour montrer que les tricoteuses ont été à l’origine d’un des premiers mouvements féministe de l’histoire en s’appuyant sur les publications de grandes personnalités telles qu’Olympes de Gouges. Avant de couper le fil, je me dois de dire que nous avons quelque chose à apporter à la société et les personnes qui pensent le contraire sont des arrivistes, ancrés dans une époque qui n’a plus lieu d’être. Le combat pour l’égalité et la complémentarité des genres reste à poursuivre, il ne tient qu’à nous de tricoter la suite de l’histoire.

Et vous, qu’en pensez-vous ? 🙂

Merci à Marine de m’avoir aidé dans la rédaction de cet article <3 *coeur avec les doigts*

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, je vous laisse les ressources que j’ai utilisées pour mes recherches :

6 Commentaires

  • charlov dit :

    Super intéressant ton article!! Merci pour cet éclairage historique qui me fait encore plus (si c’est possible) aimer le tricot! 😉

  • MB2 dit :

    Je me souviens d’avoir vu dans “La caméra explore le temps”, des tricoteuses lors d’émissions sur la révolution. Lors du procès de Louis XVI ou quand ils parlaient de Danton, Robespierre ou d’autres révolutionnaires. J’ai de bons souvenirs. Et à l’époque, les tricoteuses m’avaient intriguée.
    Merci pour tes partages, c’est très intéressant. Je te souhaite une bonne année ainsi qu’à ta famille et tes amis.
    Bisous MB2

  • Anna dit :

    Article très intéressant!
    j’ai juste une petite observation: vous dites que “Les femmes ont, dans le passé, toujours été écartée de la société, du monde politique pour de mauvaises raisons.” . forcément c’étaient de mauvaises raisons, parce que ce n’étaient et ne sont que des prétextes! la vrai raison est (à mon humble avis) que la gente masculine a tout simplement peur de notre force, intérieur, morale et intellectuelle. peur que se seront eux qui seront “soumis” et relégué à un rôle “inférieur”. alors que cela n’a pas lieu d’être! le bon sens veut que nous cohabitons ensemble. comme vous le dites si bien, en complémentarité. pour le bien de tous!

    • Jaenelle dit :

      Je comprends ton point de vue 🙂 Je pense que les hommes et les femmes doivent en effet être complémentaires. Il y aura toujours des différences et il faut en être conscient. Il est inutile que l’un des sexes prennent l’ascendant sur l’autre.

  • ploufleloup dit :

    Merci pour ce chouette petit article !
    Ah la place des femmes à la Révolution… La manipulation autour de leur rôle dans cette période de notre histoire, la façon dont on les a ensuite fait passer pour des sanguinaires traîtres à leur genre, me fait toujours penser au sort que les manuel scolaires, par exemple, ont réservé à Charlotte Corday, alors que dans la région où j’habite (près de Caen, son berceau), c’est une héroïne, parce qu’on s’y souvient de ses motivations. Bref, je dévie un peu. Merci pour l’article =^.^=

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