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J’ai toujours était une passionnée de l’étymologie des mots, de leurs origines. Aussi, de part mes premières années d’études en tant que traductrice anglais et langue des signes (quatre ans quand même), j’ai eu l’occasion de découvrir de nombreuses choses sur la linguistique française et anglaise. Saviez-vous par exemple que le français et l’anglais étaient très proches de part l’histoire ? Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous mes recherches sur la linguistique du tricot.

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Avant de commencer

L’anglais est une langue très riche. Son origine est encore un sujet de débat parmi de nombreux linguistiques. L’anglais est classé comme une langue germanique, ce qui signifie qu’elle est étroitement lié à d’autres langues germaniques telles que le suédois, le néerlandais et l’allemand.  L’autre famille linguistique dominante en Europe occidentale est le groupe des langues romanes: français, italien, espagnol… toutes ces langues qui sont issues du latin. Contrairement à d’autres langues germaniques, l’anglais partage une grande partie de leur vocabulaire avec le français et le latin, souvent attribués à la période de domination française normande en Angleterre après 1066 (Mesdames et messieurs, à votre gauche, vous pourrez observer la bataille de d’Hastings qui a propulsé Guillaume le Conquérant sur le trône d’Angleterre).  Au cours du règne de Guillaume le Conquérant, le français normand est devenu la langue officielle du gouvernement, de l’église et des classes supérieures en général en Angleterre. L’anglais devient alors la langue des masses, la langue du peuple. Pendant près de 300 ans, le français est restait dominant et des milliers de mots français ont été utilisés dans la langue anglaise. La plupart de ces mots sont encore utilisés aujourd’hui notamment dans le domaine académique et l’administratif.

Pourquoi vous parler de l’anglais pour l’étymologie me direz-vous ? D’après mes recherches, j’ai remarqué que l’étymologie du tricot en anglais était bien plus intéressante, riche et ancienne que celle du français. Cela correspond à l’histoire du tricot, qui s’est exporté en France petit à petit.

Le mot : “tricoter”

Le mot “knit” (qui signifie “tricoter” en anglais) est utilisé en anglais 1000 ans après J-C. C’est un dérivé du terme ancien “cnyttan” , qui signifie “faire un nœud”, ce qui était son premier sens. C’est en 1530 que nous utilisons pour la première fois le terme “knit” pour désigner la création d’un objet en tissant une série de boucles à l’aide de deux aiguilles. Du côté français c’est à la fin du XVIè siècle que “tricoter” signifie “« exécuter un ouvrage en mailles entrelacées, avec des aiguilles spéciales »

Du verbe, découle le nom commun “knit” (qui signifie aussi “tricot” en anglais) à la fin des années 1500. Il s’agissait au départ d’un point de tricot, l’un des deux points de base qui composent tout l’ouvrage, puis est venu la signification liés aux articles confectionnés par ce biais (” tricots délicats à laver à la main “). En France, le terme apparaît en 1660 pour désigner les aiguilles à tricoter, puis en 1681 pour désigner les bas et la bonneterie au tricot.

Le mot : “purl” (tricoter à l’envers) 

L’origine du mot “purl” (qui signifie tricoter à l’envers en anglais) remonte aux années 1300. Tout comme “knit” il ne faisait pas référence à l’origine au point que l’on connaît. “Purl” s’est d’abord référé au fil d’or et d’argent utilisé pour la broderie, puis à la broderie elle-même. En raison de la préciosité de l’argent et de l’or, la broderie purl était souvent utilisée comme une bordure. Au début des années 1500, le terme « purl» se référait à un type particulier de dentelle réalisé comme une bordure.

La première utilisation de “purl” pour désigner le point de tricot provient de ce que les chercheurs pensent être le premier modèle de tricot écrit existant : un modèle pour fabriquer des bas dans un ouvrage intitulé “Nature exenterata”. À la fin du livre, il y a des conseils sur les chevaux d’élevage à la fabrication de colorants en passant par les modèles de tricot. En français, on dira “maille à l’envers” ou “jersey” mais je n’ai pas réussi à trouver d’étymologie lié à ces termes.

Le mot : “cardigan” 

L’art du tricot est beaucoup plus ancien que les termes qui y sont associés. Prenons par exemple le cardigan. Bien que les vestes et les gilets existent déjà, le terme “cardigan” ne s’appliquera qu’en 1862 pour l’anglais et apparaîtra près d’un siècle plus tard, en 1960 en français.

Le cardigan a été nommé d’après le septième comte de Cardigan (qui était un comté du pays de Galles). James Thomas Brudenell était connu comme étant un homme très astucieux et son nom a été donné aux gilets de laine fendu à l’avant qui permettaient de lutter contre les hivers en Crimée.

Le mot : “raglan” 

Le mot “raglan” honore le nom du commandant de Lord Raglan (1788-1855) commandant en chef de l’armée anglaise dans la guerre de Crimée. Pendant la guerre, Raglan portait un pardessus ample avec des manches qui se prolongeaient jusqu’à l’encolure au lieu de s’arrêter à l’épaule. À l’origine, “raglan” se référait au manteau, il peut maintenant aussi se référer au style de manche (“un pull à manches raglan”) ou à un vêtement à manches raglan (“un cardigan raglan “). Raglan a été utilisé pour la première fois en 1857.

En France, le terme est utilisé pour la première fois en 1858 et désignait alors un “manteau à pèlerine à la mode sous le second Empire”

Le mot : “intarsia” 

Emprunté de l’anglais, cette technique permet de tricoter un grand motif facilement. Les pelotes de couleurs sont tricotées en même temps que la couleur principale mais se trouve à l’arrière de l’ouvrage.

L’intarsia tire son nom d’une technique de travail du bois originaire d’italie. L’intarsia se référait alors à une mosaïque en bois faite de différentes essences et assemblées à l’intérieur du cadre. En anglais, le terme est très récent car la première preuve écrite de ce mot date de 1867. Le terme a été appliqué à la technique du tricot qu’au milieu des années 1900.

Le mot : “écheveau” 

L’origine du terme “écheveau” est plus complexe. En effet, celle-ci est assez discutée au sein des linguistes. Il serait probablement issu du latin “scabellum” qui signifie “escabeau” qui aurait été employé pour désigner les dévidoirs (nommés “escanha”) ressemblant à certains escabeaux en X , puis, par métonymie (petit rappel, c’est une figure de style qui consiste à désigner un objet par un autre comme dans l’expression “boire un verre”), on serait passé du dévidoir à l’écheveau. L’ancien provençal ne nous aurait pas aidé en désignant par “escabel” à la fois le dévidoir, l’écheveau et l’escabeau. A cet endroit, je pense que j’aurai perdu 70% de mes lecteurs, mais pour terminer c’est en 1165 que l’on retrouvera le terme pour désigner l’ensemble de fils repliés ensemble.

Voilà les quelques étymologies de mots que j’ai trouvé particulièrement intéressantes.

J’espère que cet article vous aura plu et surtout, qu’il vous aura appris de nouvelles choses sur le tricot 🙂

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